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Jalouse n°40 - 2001 - Page 88 / 89

JALOUSE n°40 de 2001 / Page 88 / 89

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2018

page 1 beaute laideur 1 raui mcuarthy, dance hall girl, cowboy (gun flghter), 1996.

Scènes d'orgies à forte connotation sexuelle stigmatisent la surconsommation et un style de violence propre à la culture américaine.

Un travail critique peu apprécié par une amérique puritaine, qui n'admet pas ses perversions réelles.

La censure est à la mesure de l'aveuglement d'une société qui ne veut pas se voir en photo.

Cindy sherman, dont les outils critiques proviennent de la culture visuelle de masse, approfondit les codes de la laideur.

La déliquescence de la chair est poussée à l'extrême pour devenir le motif informe de la laideur.

Une sensation d'effroi et de dégoût est volontairement provoquée, comme pour mesurer la capacité du spectateur à regarder.

Une vie de merde les images de richard billingham constituent lejournal intime de sa famille.

Comme pour s'anesthésier de l'univers dont il est issu, il cartographie les éléments qui en font la laideur.

Chronique d'une famille démunie et rongée par l'alcool, l'appareil de l'artiste en saisit les stigmates : le corps obèse de sa mère vautrée dans un environnement minable, le chien qui lèche le sol recouvert de saletés.

De son côté, tracey emine accumule les preuves de sa vie défaite dans une vidéo qui décrit la scène des opérations : une salle de bains suintante, des vieux mégots écrasés au milieu de bouteilles d'alcool vides, posées sur un sol jonché de fringues sales et de paperasses stratifiées.

Alors qu'on l'en- tend égrainer son curriculum tragique, la caméra fait un état des lieux et enregistre ces images de désastre qui puent la débauche.

Comme pour nan goldin'11, dont on sait qu'elle partage la vie de ceux qu'elle photographie.

Tracey emine, au centre de son univers, produit une forme d'empathie dans une relation d'attraction-répulsion.

Il s'agit moins d'un appel à l'aide qu'une manière de partager une souffrance commune: la sienne, en train de nous livrer les éléments de sa vie.

Jouer avec le gout dans un registre moins psychologique mais tout aussi scatologique, wim delvoy confronte ironiquement des éléments antagonistes.

Sibylle (landscape) (1999) est une vidéo projetée sur un écran grand format.

Au pre- mier coup on y voit d'élégantes formes florales en éclosion, alors qu'il s'agit de subtiles variantes d'explo- sions de comédons plus ou moins infectés.

Beurk!Filmées par une caméra chirurgicale, ses images s'of- frentavec une imprécision qui n'affirme pas le caractère explicite de la scène.

Dans le même esprit, il expose un parterre de dalles excessivement jolies, proches des azulejos.

En s'approchant, on s'aperçoit vite que les ornements ne sont que crottes 'stylisées'.

Comme sou- vent, delvoy confronte des représentations opposées qui mettent en présence le 'haut' et le 'bas'.

L'ornementation précieuse et l'élément trivial, le fonc- tionnel et l'artisanal, l'humain et l'animal.

Lorsqu'il tatoue des cochons, c'est parce que l'animal en ques- tion est le plus proche de l'homme et, à la fois, celui que l'homme considère comme le plus sale.

Décoré de tatouages, ce caractère répugnant est une expression corporelle symbolisant l'orgueil et l'identité d'une per- sonne.

Si ces ceuvres ne sont pas respectueuses, visuellement flatteuses et propices à la délectation des sens, les systèmes qu'elles mettent place n'en sont pas moins beaux.

La laideur fait partie de l'art, tout simple- ment parce que le monde n'est pas forcément sublime.

(1) paul mccarthy, au new museum of contemporary art (new york).

(2) nan goldin, à beaubourg (paris).

A partir du 10 septembre 2001.

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