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Jalouse n°85 - 2005 - Page 80 / 81

JALOUSE n°85 de 2005 / Page 80 / 81

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2017

J85 booty· 13-10-2005 10:16 page 2 1- as nasty as they wanna b e , du groupe 2 live crew, pochette c e n s u r é e en 1989, et qui jette les bases de la culture booty.

1 2 - scène de baile funk (danse booty) dans un club de la banlieue de rio.

3- chaque semaine, dans les favelas de rio, les caïds locaux inventent des chorégraphies booty.

J85 booty· 13-10-2005 10:17 page 3 c u l - t u r e mondiale pa r mathieu berenholc et flora desprats- c o l o n n a simple constat socio-cul-turel : les années 00 sont obsédées par les fesses, les gros 'booty' des égéries du r&b.

Booty bass et favela funk mettent en avant nos arrières-trains.

Tout est beau si c'est vu de dos.

Booty story miami, fin des 80's.

Côté face, ocean drive, ses façades arts déco et ses touristes en string.

Côté pile, downtown, sa communauté latino et ses clubs qui vibrent au son de la miami bass, un genre de hip-hop accéléré aux sonorités électro.

Alors que le rap s'impose enfin dans les charts us grâce au succès de run dmc, nwa ou de la soul, luke 'skywalker', un producteur de miami, invente la booty bass avec son groupe 2 live crew.

Quatre paires de fesses noires et rebondies sur la pochette et un déluge de paroles cochonnes posent les fondations de la booty culture : 'face down, ass up, that's the way we like to fuck!' ('la tête en bas, le cul en l'air, c'est comme ça qu'on aime baiser!').

'la booty, c'est comme un film porno gravé sur vinyle', explique olivier schmitt, journaliste, qui réalisait en 2001 pour arte le premier reportage sur ce sujet.

'mais il faut prendre ces paroles au second degré', poursuit olivier.

Quand vous entendrez un 'suck my dick, bitch!', ne vous formalisez pas, car 'la booty est une musique sans message, purement festive'.

Dans la communauté afroaméricaine, le sexe n'est pas tabou.

Précisément ce qui fascinera l'amérique blanche, puritaine et frustrée qui achètera cet album par millions, tout en criant au scandale.

Au début des 90's, les kids des ghettos de detroit et de chicago samplent 2 live crew pour donner naissance à la ghetto house de dj funk et à la ghetto tech de dj assault.

'ce sont eux qui nous ont donné envie de nous mettre aux platines', expliquent goon et koyote, deux parisiens qui viennent de produire diamond grills, le premier mix booty de france.

Bouge ton booty de bouger ton bassin, d'inventer le pas le plus acrobatiquement sexy.

' pour fanny, la copine de dj goon, 'c'est l'occasion de se lâcher, de danser comme une `bitch', avoue-elle entre guillemets, sans que ça aille trop loin, on est là pour s'amuser, les mecs le savent.

' la booty girl libérée des dragueurs ose enfin se servir de ce que la nature lui a offert : 'sur le dancefloor, aucun complexe', n assume ses formes généreuses.

'derrière la booty, il y a toute une culture des ghettos us', d'après schmitto qui s'apprête à sillonner les usa avec le parisien ice kid pour ramener un documentaire, de la à washington et de baltimore à la nouvelle-orléans : 'chaque ghetto produit sa propre identité musicale avec ses rythmes, ses danses et ses codes vestimentaires.

La ghetto music est la vraie bande-son de la jeunesse noire américaine.

' autrefois réservée à l'underground us, cette culture se répand dans le monde entier : 'au brésil, il existe un autre genre, la favela funk qui se danse dans les baile funk, bals booty des favelas', raconte marie, parisienne d'origine brésilienne.

Avec sa copine n (voir encadré page suivante), elles se passionnent aussi pour un autre son venu de porto rico, le reggaeton: 'toutes ces musiques cassent un peu l'individualité des clubs électro.

' l a u re courtellemont, en total look nike, en pleine session raggajam.

L'alternative raggajam le booty dance, le baile funk et le crump viennent du ghetto.

Mais en france, où bouge-t-on ses fesses?L'alternative, c'est le raggajam, nouvelle danse urbaine qui s'inspire des clips des 90's, des danses afro-caribéennes et qui mêle l'énergie du breakdance avec la sensualité du ragga.

Laure courtellemont a créé 'le cours de danse de ses rêves' : un hip-hop au féminin.

En 1996, à 19 ans, elle dépose le brevet 'raggajam'.

Sa philosophie est claire, pas de diktat morphologique, pantalons baggy, baskets aux pieds et tops ajustés de rigueur : 'laisse ton corps s'exprimer sans contraintes ni tabous'.

Pour la musique, elle s'associe avec 'le magicien', alias sam one, un ancien dj house, gros nounours à la carl cox.

Laure compose des chorégraphies 'accessibles aux débutants dans lesquelles les confirmés puissent aussi s'exprimer'.

L'esprit street du raggajam a convaincu nike, qui sponsorise des workshops gratuits réunissant jusqu'à 400 danseuses dans des lieux inattendus, du toit des galeries lafayette à la scène de l'opéra bastille.

Laure s'est lancée dans une croisade raggajam, formant des profs aux quatre coins de la planète, de pékin à moscou et de rio à new york.

Pop that booty princess superstar, fanny pack, m i a et gwen stefani (remixée par diplo en version booty), récupèrent déjà les codes des ghettos music pour inventer la pop culture des années 00.

Explication de dj goon : 'la booty vient du ghetto, le ghetto influence le hip-hop et le hip-hop est la musique la plus populaire du monde grâce à mtv.

Résultat, la ghetto culture est devenue mondiale.

' t'as compris, bitch?M.

'shake what your mama gave ya' la booty se danse (au minimum) à deux : 'dans les clubs, en france, c'était mal perçu de danser avec un garçon, tu passais vite pour une salope', regrette n, une ravissante parisienne de 20 ans qui fréquente les soirées booty de paris : 'la booty, c'est sensuel.

Il s'agit benjamin nitot 77.

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