L'OFFICIEL DE LA MODE n°345-346 de 1950 / Page 68 / 69
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013
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*r- ' - Ces larges plis de faille ou de satin bruissant, ces mous- seuses écumes de tulle éphémère nous jettent dans le ravissement, car la vision qu'ils éveillent en nous est celle d'un monde qui semble ressusciter du passé et revivre seulement aux feux des lustres, tel un extraordinaire pa- pillon d'un soir. C'est pour mieux être belles, peut-être, que ces bals et ces fêtes nocturnes nous sont donnés. C'est pour mieux traduire la grâce féminine que ces fourreaux caparaçonnés de broderies coulent le long du corps et semblent s'in- cruster dans la chair qu'ils galbent. La ligne fusante qu'ils créent est d'une sobriété émouvante et que contredit, subtil paradoxe, fécorce rutilante des pierreries et des paillettes. Sur ces épaules nues où l'éclair d'un collier de brillants s'apaise du contact nacré de l'épiderme, une écharpe voluptueuse semble parfois se poser comme dans un dessin de prud'hon. Les corselets indiquent sûrement la gorge au-dessus de la taille flexible tandis que la démarche ennoblie par les longues jupes évoque celles qu'ont chantées musset et peintes goya. Ci-dessus, carven brode de festons verts ce corsage en faille blanche de hurel dont la jupe est en tulle. Sur la page de droite, jeanne lanvin drape, pour cette robe au col cassé, un satin blanc de lamarre. |
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178 pages
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