L'OFFICIEL DE LA MODE n°345-346 de 1950 / Page 74 / 75
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013
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Christian dior recouvre ovun mantelet de velours gris brun brodé d'or, sans épaules, une robe de tulle gris, très mousseuse de pierre brivet. Parlons métier par le chasseur d'images est-ce un mal d'époque et le fait d'une optique publicitaire déformée, mais l'événement le plus banal, la déclaration la plus anodine prend souvent un tel aspect de sensationnel, d'inédit, que le public accroché, tend l'oreille, fixe son atten- tion, puis se décroche et hausse les épaules ou vitu- père, dès qu'il s'est rendu compte de la différence entre ce qu'on lui avait décrit ou promis et la sèche réalité des faits. N'avait-on pas annoncé récemment, et à grand son de trompe, une « révolution » dans la couture!La réalité!» Car il n'y a plus de miracles» Fut beaucoup plus simple, des robes de confection, bien faites, mais de prix élevés, alors que la plupart des « boutiques » des grands couturiers vendent pour les mêmes prix, et parfois moins, des modèles originaux exécutés en « couture ». A chacun son métier!J'aurais souhaité, par contre, qu'une publicité plus sonore fût faite à la « trouvaille » technique,» J'em- ploie à dessein ce mot pour ne pas tomber dans le travers que je reproche aux autres,» Faite par cette « couturière », cette technicienne dont chanel fut le maître, et qui, pour lutter contre l'époque et la dureté des temps, sans tomber dans le faux-semblant, a demandé et obtenu de sa seule technique un petit chef-d'œuvre d'ingéniosité technique, et de simpli- cité de bon goût. Elle a avant tout refusé de s'évader de son métier, de ce « sur mesures » seul capable de répondre aux exigences individuelles de celui ou de celle qui veut garder ou accuser sa personnalité par le vêtement de son choix, fait sur lui et pour lui. Son but était double, rester dans les plus pures traditions de la couture, mais demander à sa tech- nique, tout en conservant l'élégance de la forme, de réduire le temps trop lourd de la main-d'œuvre. La réussite a récompensé ses efforts. J'ai vu ces robes. Rien ne les différencie des autres modèles lors de leur présentation. Ce n'est que lorsque le manne- quin quitte la robe qu'on découvre la virtuosité de la technique qui a présidé à son élaboration. La robe est pratiquement sans coutures. Le temps de façon est réduit dans de telles proportions que le prix de vente se ressent heureusement de cette réduc- tion. J'entends bien,» Car encore une fois, il n'y a pas, je le répète, de miracles» Qu'une telle conception indéniablement nouvelle, a besoin de se perfectionner, qu'elle ne peut sans doute s'adapter à tous les genres de robes, qu'elle demande une qualité de « maîtrise » de tout premier ordre, qu'aucune erreur dans la coupe ou dans l'essayage n'est permise ; et que cette qualité se paie!D'accord!Il n'en reste pas moins que cette « trou- vaille » s'inscrira en bonne place parmi les rares inventions dues à la science des techniciennes de là couture. Madeleine vionnet n'a-t-elle pas inventé des « coupes » restées légendaires. Madame grès n'a- t-elle pas réinventé la technique du drapé en recréant à cet effet une nouvelle technique de l'emploi et du sens des tissus?La solide et raisonnable technicienne à laquelle cet article rend hommage a fait appel aux ressources de son seul métier pour engager la lutte contre le « temps » et ses dispendieuses incidences. Elle a parfaitement réussi. |
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