L'OFFICIEL DE LA MODE n°345-346 de 1950 / Page 86 / 87
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013
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Premiers contacts avec les tissus de printemps la laine et ses nouveaux tissages soie et coton, plaisirs de l'été bien qu'il soit encore trop tôt pour faire ici une analyse détaillée de tous les tissus de printemps, il nous est permis cependant de prendre contact avec la laine, la soie et le coton de la proche saison et de rechercher les premières tendances. La laine qui devient une matière de plus en plus précieuse est tissée d'une étonnante manière, et les fils les plus fins sont utilisés pour créer des lainages d'été dont la contexture est proche de celle des toiles de lin. Beaucoup de toile de laine pour le printemps, d'un toucher sec et rebondissant comme le caoutchouc. Toute la série des fil à fil, des tout petits pied-de-poule, des caviars fantaisie, des fresco et palm beach, des shantungs de laine seront gagnants au poteau de la mode. Les alpagas montent la garde autour de la robe-manteau et des deux-pièces d'avril. Les fins patrons de peigné, lisses et serrés comme un cuir seront la matière rêvée pour les beaux tailleurs à la coupe sans défaillance. Les nattés légers, les crêpes, les ottomans de laine, les tweeds, les poils de chameau, les jerseys, les mousselines de laine continuent à attirer l'attention ainsi que les belles flanelles. Chez les soyeux d'où s'envolent des milliers de patrons légers comme ailes de papillons, le regard s'émerveille devant la légèreté et la finesse de cette matière exquise. La soie naturelle revient en abon- dance et redonne un éclat et une douceur parfaites à de nombreux tissus. Le shantung et ses dérivés accusent une tendance très marquée. Toute la famille des « honans », des tussors, découvre pour notre plaisir un tissage irrégulier et vivant. Les mousselines et les organdis rivalisent avec ces derniers et leur succès ne fait aucun doute car ils portent en eux toutes les séductions de l'été. Les twills souples et fins, les foulards, les satins, les taffetas chiffon, les crêpes, les failles forment une radieuse ronde estivale autour de ces vedettes et leur qualité étonnante enchante l'œil. Dans l'ensemble, les unis aux coloris innombrables paraissent les favoris de la saison printanière. Mais des impressions légères, laissant des fonds très aérés ont de sérieuses chances de séduire, car sans avoir la monotonie inévitable de l'uni, ils n'ont pas non plus le caractère trop marquant parfois de l'impression. Petits pois, carrés, losanges, semis florentins, baguettes, dessins à la plume, pointillés viennent rompre les surfaces trop lisses et libèrent l'esprit de fantaisie. Mais que de belles hardiesses et de goût raffiné dans l'imprimé de grande classe!Tous les jardins de france ont l'air d'avoir voulu y fleurir et les rosés les plus émouvantes s'y effeuillent avec grâce. Quel dommage que la dureté des temps et une passagère indifférence de la couture n'utilisent pas davantage ces belles images soyeuses!Dans les cotons, le tissage le plus fin a réalisé des patrons d'une légèreté inouïe que des motifs aux vifs coloris, sèment d'une gaîté fraîche et juvénile. Les piqués, les linons, la batiste, la toile de coton et de lin, les tissus éponge font déjà songer aux délassements de l'été. Les toiles infroissables sont une présence permanente : nul ne doute du plaisir qu'ont les femmes à les porter tout le long des mois de soleil. Nouvelle gamme de coloris quant aux coloris, il faudrait pour les exprimer prendre la palette d'un peintre et y emprunter toutes les nuances dégradées des couleurs du spectre solaire. Plus que jamais, les tons sont variés, étonnants, inconnus. Les gris dans une gamme très étendue maintiennent la faveur qu'ils détenaient l'an dernier. Mais selon le texte du tissu, on lit la couleur d'une façon différente. Ainsi un gris sur shantung aura plus de douceur que sur toile de laine. Les bruns, les écailles, les terre de sienne, s'associent à merveille aux noires arabesques de certaines impressions. Tous les bleus, du marine en passant par le bleuet, le myosotis et la pervenche, paraissent vouloir nous convaincre de leur séduction. Mais les jaunes jonquille ou maïs, les verts éclatants ou assourdis, les mauves colchique, les rosés gauguin veulent se faire préférer. Que dire alors du blanc et du noir, les éternels vainqueurs de tous les tournois de couleurs?84 velours jacques fath crée cette robe élégante et décolletée en beau velours de coudurier-fructus-descher. La jupe se repliant en tunique est bordée de faille de bianchini-férier. Grand plateau de plumes. |
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