L'OFFICIEL DE LA MODE n°345-346 de 1950 / Page 90 / 91
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013
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Contraste marcel rochas choisit un lainage noir de ducharne pour la confortable veste croisée à grand col portée sur une jupe étroite en gabardine beige de g. Les clips sont de max boinet. Jêt photo adam tapisseries de ce temps-ci par maurice perraud pour un esprit d'aujourd'hui et plus particulière- ment pour un esprit jeune, le mot tapisserie évoque les antiques tentures accrochées aux parois des musées ou figurant parmi les trésors des cathédrales, les morceaux plus ou moins intacts que l'on découvre çà et là dans les boutiques de curiosités, à moins qu'il ne rap- pelle les travaux de quelque aïeule, retrouvés au fond d'un grenier campagnard : toutes choses admirables peut- être, mais à coup sûr pas très aimées et, en tout cas, sem- blant inadaptées à notre temps. Certes, il faut reconnaître que l'architecture contemporaine, du moins quand elle revêt un caractère privé, le décor intérieur du home mo- derne, comme nos conditions présentes d'existence, ne se prêtent guère à l'installation dans les demeures actuelles, de ces immenses panneaux qui ont besoin d'espace, d'air, de recul et dont l'acquisition, soit dit en passant, exige de lourds sacrifices dès qu'il s'agit de pièces uniques. Quel dommage, en vérité!L'art de la tapisserie, s'il est vieux comme le monde, a trouvé en france, avec une rare conti- nuité, une terre d'élection, un incomparable climat. Sans remonter au moyen age, on ne saurait oublier que fran- çois ier, en établissant à fontainebleau sa fabrique de haute lice; qu'henri iv, en fondant aux tournelles ses ateliers de tapisserie flamande ; que louis x, en orga- nisant la savonnerie; que louis xiv, colbert, le brun et plus tard mme de pompadour, en entourant de leur sol- licitude éclairée, beauvais, aubusson et les gobelins, ont permis à notre pays d'atteindre dans le domaine de la tapis- serie une maîtrise inégalable et qu'il a conservée jalouse- ment jusqu'à nos jours. Des pays étrangers ont voulu nous imiter, tous sans exception ont échoué. La manufacture royale suédoise de carlsberg, fondée en 1681 par la reine ulrique-eléonore, n'a vécu que douze ans; la fabrique de kiœge, créée au danemark par christian v, a dû fermer ses portes après quatorze années (1684) ; les ateliers ber- linois, montés par le grand electeur frédéric-guillaume, se sont éteints au début du xve siècle ; la manufacture impériale russe, œuvre de pierre le grand (1716) ne put subsister qu'une soixantaine d'années ; les ateliers du vatican installés en 1710 par clément xi, comme ceux de madrid, fondés en 1720 par philippe v, n'eurent guère un sort plus heureux et, dans un passé plus récent, il en fut de même pour la manufacture de windsor qui disparut après quelques années d'exploitation. Pourquoi donc cet art si français dont nos pères autre- fois se délectèrent, ne reprendrait-il pas parmi nous sa place traditionnelle : pimpante et familière dans l'inti- mité, grandiose et somptueuse dans la décoration publi- que?Rien ne s'y oppose, à condition, bien entendu, que l'on consente à se plier à une nécessaire évolution. Aussi bien, à paris, le problème se trouve-t-il aujour- d'hui objectivement posé. L'éducation du goût, d'abord. Jusqu'à ces temps der- niers, dans la foule des galeries parisiennes, il n'y en avait aucune qui fût spécialement axée sur la présentation des tapisseries d'art. La lacune est désormais comblée. Au cœur même de paris, entre l'opéra et la place ven- dôme, la galerie art» Ateliers de rénovateurs de la tapis- serie,» Permet à l'amateur d'embrasser dans une vision d'ensemble, une collection de tapisseries qui, si elles sont d'égale valeur quant à leur technique, n'en sont pas moins essentiellement diverses quant à leurs tendances ou leurs effets. Le visiteur est ainsi mis à même de comparer, d'apprécier, d'exclure, pour finalement se faire une opi- nion en toute indépendance. La galerie permet, en outre, aux artistes» Qu'ils soient maîtres de haute lice, simples praticiens ou peintres spécialisés, les « cartonniers » comme on les nomme » - de mieux saisir les accents auxquels vibre la sensibilité moderne et de se rendre un compte plus exact des possibilités d'un art qui, bien qu'ayant atteint la perfec- tion, est loin d'avoir épuisé toutes ses ressources. D'une telle confrontation ouverte à toutes les (suite page 168. |
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