L'OFFICIEL DE LA MODE n°345-346 de 1950 / Page 98 / 99
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013
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Par pierre bédat de monlaur métamorphose ii m'est arrivé, je vous assure, une bien curieuse aventure ces jours derniers. Vous savez comme l'on vit à paris. De multiples occupations ne m'avaient pas permis de retrouver barbara pendant les premières semaines de son séjour. Pourtant la pensée de la belle américaine ne m'avait jamais quitté. Je m'étais plu à façonner une barbara à ma façon qui, bien entendu, avait ceci, avait cela. Bref, elle était aussi charmante que jolie. Au spectacle, dans les assemblées où se pressent en foule les parisiennes raffinées, il m'arrivait de rêver tout haut et de m'écrier : « que dirait barbara?Quelles seraient ses réactions?» bien sûr, il s'agissait de la barbara n° 2, celle que, d'après mes souvenirs ravis, et un peu à l'aveuglette, je l'avoue, je faisais aller, venir, virevolter, vivre, gaie et primesautière, à ma guise. J'avais juré d'en faire une personne « bien » à tous égards. Mais je croyais qu'elle garderait longtemps ses façons particulières. Or, la barbara n° 2 faisait encore très « internationale » et bien que digne de faire une acceptable cover- girl, je ne la vêtais pas et elle ne se comportait pas, en tous points, comme une parisienne authentique. Eh bien, voici où le miracle commence. Je viens de me trouver nez à nez, il y a à peine un instant, aux champs-elysées, avec une adorable personne à qui je n'arrivais pas à donner un nom; vêtue à ravir, de la tête au talon,» Je ne saurais, dans sa mise, relever un seul détail trop voyant ou criard » , la démarche assurée mais discrète. «» Oh bonjour, mon cher. Enfin vous!» Permettez, mais à qui ai-je l'honneur?. » la belle se faisait un malin plaisir de jouir de ma surprise extrême et de continuer mon étonnement. «» Vous ne vous souvenez pas de moi?» Mais si, bien sûr, je. » mon embarras était visible. Je ne savais pas du tout qui était cette impeccable pari- sienne et je lui donnais tour à tour les noms de sylvie, de christiane, de madame un tel, de la marquise de z. Bref, j'étais tout à fait perdu et ma mémoire connaissait ces affres mondaines qui nous tenaillent si fort au moment où la con- versation risque de s'engager sur une piste tout à fait fausse. Gare alors de parler de loulou à l'adorable personne qui fait les beaux jours de jean, l'industriel havrais, ou de colette, sa belle-sœur de neuilly à la femme qui n'a jamais eu de frère ni de sœur et dont le modèle unique fait à la fois l'amusement et la crainte, parfois, de ses nombreux amis toujours retenus auprès d'elle, par son charme très piquant. Barbara, car c'était elle, éclata alors d'un rire de cristal qui découvrit aussitôt des dents si étincelantes que l'éclair jaillit aussitôt dans ma pauvre cervelle soumise à une rude épreuve. «» Oh!Barbara, vous!Quelle transforma- tion délicieuse, vous êtes métamorphosée!» Réellement?En bien ou en mal?Répli- que aussitôt, la pratique enfant. » En bien!En cent fois bien!» ma voix avait une telle persuasion que j'ai reçu du tac au tac cette réponse inattendue, dite d'un ton des plus gracieux : « mais mon cher!Je n'ai fait que suivre vos leçons!» et comme j'allais jeter aussitôt : « mais nous nous sommes à peine vus!», je me suis bientôt ravisé et j'ai songé à la barbara n° 2 que j'avais si choyée et tant promenée dans les générales, dans les salons à la mode, chez les couturiers en renom, aux champs-elysées ou rue du fau- bourg saint-honoré, partout enfin, invisible et exquise, toujours bien sage, à mes côtés. Comme je crois aux contes de fées, j'ai pensé que nous avions très bien pu communiquer ainsi, et d'ailleurs, la barbara que j'avais en face de moi, c'était tout juste le portrait de la femme de rêve à qui, chaque jour, je prête de nouvelles perfections et des grâces plus choisies. « mais venez donc, fit-elle, et vous compren- drez tout!» je la suivis et elle s'écria rayonnante : « vous êtes un vrai magicien!» je ne savais plus que penser. Je crus bien une seconde qu'elle se moquait de moi. Mais elle avait gardé ce petit air sérieux et appliqué qui donne à son visage cet air d'intelligence qui me remplit d'aise et qui me rassura aussitôt. «» J'ai suivi la voie que vous m'avez indi- quée, dès notre première rencontre. J'ai écouté battre le cœur de paris. Je me suis soumise à tous ses caprices, à toutes ses magies. Je suis réellement envoûtée. » Vous n'avez pas perdu votre temps!» Oh non!J'ai été une visiteuse assidue de ce faubourg cher déjà à balzac, ce faubourg unique au monde, proche de l'union interalliée, et là j'ai reçu le choc. ) 92 cartier réalise sur platine et or, un admirable ensemble de rubis et diamants composé d'un collier, d'un bracelet, de boucles d'oreilles et d'une bague. Coiffure « menuet » de guillaume et robe de christian dior. |
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178 pages
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