ARCHIVES

 
[ x ] Fermer

L'OFFICIEL DE LA MODE n°827 de 1998 / Page 84 / 85

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013

- photo : sarah w sonia rykiel bien sûr, il y a la maille.

Mais il y a aussi, il y a surtout, l'esprit transcendé de la féminité.

Sonia rykiel en est la reine incontestée.

Depuis trois décennies maintenant.

Happy birthday à la maison et à la flamboyante rousse qui, unies dans un même souffle créatif, surfent sur les vagues de la mode avec une incroyable légèreté.

Quant elle nous parle dans ses bureaux du 6ème arrondissement parisien, madame rykiel le fait avec précision, avec précaution, les mots posés sur une portée bien sage.

Sur le ton de la confidence.

Les sacs?Elle les dit 'indissociables' de sa vie, évoquant un passage de son livre 'et je la voudrais nue.

,' : 'laissez passer la femme-sac, celle qui voyage avec le corps d'abord, les sacs sur l'épaule'.

Car comme chacun le sait, 'la femme-malle [reste] bloquée sur le quai'.

Sonia rykiel, elle, a oublié l'immobilisme et la sclérose morose.

En mouvement perpétuel.

Un sac accroché en bandoulière, un autre installé parfois sur le ventre 'comme l'on porte un enfant', un dernier plus large, plus profond pour les longs déplacements.

Honnies soient les valises!Dans le modèle qu'elle nous a réservé, dessiné à quatre mains avec sa sœur et à l'imprimé panthère furieusement chic, la créatrice consigne un bric-à-brac à l'image d'une vie riche car multiple : un grand porte-monnaie pour cartes de crédits et menue monnaie, des clefs, quelques cachets contre la ne.

( 1 ) un cahier d'écolier, des stylos, (y ) des friandises, du chocolat et dgs chewing-qum, (;'.

(<1 ) un flacon dg parfum, une boîte gn argent pleine de médicaments.

(l>) un marron - 'censé protéger du rhume' ' un bouq brosse.

(f>) des lunettes de soleil.

Dans celui-là précisément, seule son assistante a accès.

Mais dans les versions xxl des sacs de la dame de saint-germain-des-près, tous les collaborateurs déposent le soir venu une pile de 'devoirs'.

Et de reprendre : 'c'est un modèle que j'aime car il fait partie de moi, de ma vie, de mes plaisirs.

Je suis d'ailleurs folle des sacs d'une manière générale.

J'en possède de nombreux, en croco, en croûte de daim, en velours, en python.

J'apprécie les vrais sacs de femmes, ceux que l'on peut remplir à l'envie et promener partout comme un musicien emporterait son instrument'.

Elément fondamental de l'élégance?'je ne crois pas.

Car l'élégance, c'est plutôt une attitude, une manière d'être.

Il y a une façon d'entrer dans un lieu public, de marcher dans la rue avec un sac.

C'est une aptitude naturelle qui est.

Ou qui n'est pas.

' roberta molin corvo torvo coupe à la garçonne façon sharon stone, gestes nonchalants et paroles profuses, roberta molin corvo promet aux regards autant de bonheur qu'un verre de chianti aux papilles.

La comparaison n'est en rien hasardeuse puisque la jeune femme nous vient tout droit d'italie.

'du nord-est', s'empresse-t-elle de préciser.

Cela fait maintenant quelques années qu'elle a traversé les alpes pour rejoindre paris.

Attachée de presse dans un bureau multimarques, puis chez paco rabanne avant de monter sa propre agence, roberta s'est ensuite emparée de la plume et a rejoint le groupe collezioni en tant que journaliste.

L'aventure terminée, elle coproduit depuis l'an dernier le modem, avec barbara, et vient d'être nommée rédactrice en chef adjointe du luxueux magazine with i-d.

Pour les sacs, roberta fait montre d'une passion démesurée.

En cuir ou en nylon souple la plupart du temps.

Des petits, des plus grands.

Celui qu'elle nous tend, aux dimensions moyennes, est l'œuvre d'olivier saillard.

Conservateur du musée de la mode de marseille.

Un exemplaire rare composé d'une base de tissus sur laquelle ont été apposées des chutes de robes des années 20 à 40, comme des lambeaux de rêve.

'au-delà de l'esthétique, évidente et flagrante, j'aime l'idée que ce sac sera partagé par peu de femmes, comme une pièce unique', explique roberta.

Qui d'un coup d'un seul, sans crier gare, le renverse sur le bureau comme elle le fait rituellement une fois par semaine.

Et de débuter l'inventaire : 'des lunettes de soleil geny et de vue valentino, des papiers divers, deux carnets dont l'un sert à mes notes de voyages, un agenda hermès en lézard vert, un nrnani7p>r éientrnninno un minncwiio oq' t>i 1000' ,-i'w/'.

''-*~<'ujg çjgg crayons de papier, (i ) dgs stylos publicitaires, deux vêtements, un ieu donné nar lf> muturipr ianni-iaie 9na7h9r> i n un r/i'riom m™.

_ sac, c'est porter ma vie, reprend la belle ragazza.

Et le geste n'a rien d'anodin.

Car le sac est un élément indispensable de l'élégance.

Laquelle peut être entamée pour une simple faute de proportions et de volumes qui casse alors irrémédiablement la silhouette'.

Il est maintenant l'heure de faire ripaille.

Roberta molin corvo remballe à la hâte son bazar chic, absolument pas gênée qu'un journaliste y ait jeté son regard curieux.

Puis elle conclut : 'n'oublie pas de dire que je ne pose jamais mon sac au sol.

Comme toutes les italiennes et les latines d'une manière générale.

La superstition veut que cela évite que l'argent ne s'envole.

Si vous souhaitez utiliser le texte ou les images de cette page. Cliquez ici

Rechercher :

OK
Ce numéro 1998 Années 1990 Tout
 
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 1/1

L'Officiel de la Mode
n°827 de 1998

L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 2/3
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 4/5
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 6/7
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 8/9
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 10/11
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 12/13
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 14/15
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 16/17
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 18/19
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 20/21
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 22/23
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 24/25
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 26/27
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 28/29
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 30/31
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 32/33
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 34/35
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 36/37
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 38/39
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 40/41
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 42/43
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 44/45
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 46/47
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 48/49
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 50/51
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 52/53
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 54/55
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 56/57
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 58/59
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 60/61
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 62/63
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 64/65
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 66/67
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 68/69
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 70/71
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 72/73
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 74/75
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 76/77
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 78/79
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 80/81
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 82/83
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 84/85
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 86/87
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 88/89
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 90/91
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 92/93
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 94/95
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 96/97
L'Officiel de la Mode 1998 - n°827 - Page 98/99
272 pages
1 à 100   SUIV >>