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L'OFFICIEL HOMMES n°22 de 1981 / Page 48 / 49

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2017

Juan-carlos bernsau président-directeur général de bulgari france installé en france depuis moins de deux ans, juan-carlos bernsau est tout de suite devenu une personnalité bril- lante du tout-paris.

Racé, d'une élégance parfaite qui sait faire de la discrétion une coquetterie, il semble être l'incarnation même du style bulgari qu'il défend avec tant de chaleur.

Grâce à un sens presque magique de la communication, il a su as- seoir l'influence prestigieuse de «sa» 50 par claude mauderine maison sur la capitale, si bien que paris semble pris, depuis quelques temps, d'un véritable accès de fièvre bulgari.

Les ob- jets, les bijoux bulgari font fureur et la boutique de l'avenue montaigne, où il rè- gne en maître, voit défiler tout ce que pa- ris compte de gens raffinés.

«je suis, avant tout, un homme de communica- tion» reconnaît-il d'une voix chantante à l'accent ineffable dont il use avec art, en homme conscient de l'étendue de son charme.

C'est la seule chose qu'il avouera facilement sur lui-même.

Inépuisable sur bulgari, il devient impénétrable sur ce qui le concerne.

On lui connaît une femme ravissante, trois enfants, le goût du.

Golf (handicap 14) et de l'équitation, et une passion pour les cigares.

Né en argentine, sous le signe du taureau, il a mené à tra- vers le monde une brillante carrière de marketing.

Après avoir fait des études de droit et de sciences politiques à l'univer- sité de georgetown à washington, com- plétées ensuite par des études de marke- ting en argentine, il y débutera dans une importante chaîne de magasins qu'il di- rige pendant neuf ans.

De 1954 à 1971, il est directeur du marke- ting et de la publicité de l'une des plus importantes firmes de cosmétiques inter- nationales, neuf ans en amérique du sud, puis huit ans en europe.

De 1971 à 1974, il est directeur du marke- ting de l'oréal à paris.

C'est en 1974 qu'il rejoint la maison bulgari en tant que di- recteur de l'expansion internationale.

En 1977, il devient président-directeur géné- ral de bulgari monte-carlo, pour aboutir fin 1979 à paris, avec la charge de créer bulgari france qu'il préside aujourd'hui.

Cette carrière internationale l'a amené à vivre dans onze pays différents, il parle six langues et se sent apatride.

Amusé, il aime à se reconnaître dans la définition spirituelle qu'une journaliste a donné de lui : « suisse de naissance, argentin de na- tionalité et italien de profession ».

De l'ita- lien il a le charme volubile et le goût ina- liénable pour la beauté.

La générosité bulgari «je cherche à m'adapter dans le pays où je vis.

Je considère que c'est à moi de faire l'effort de m'intégrer et non au pays de ré- pondre à mes exigences.

Quand je suis en france, j'essaye d'être français.

J'ai re- fusé, en venant m'installer ici, de prendre une voiture italienne comme me le propo- sait nicolas bulgari.

Je lui ai répondu: «toi tu soignes l'économie de l'italie en achetant une lancia, laisse-moi soigner celle de la france en prenant une peu- geot.

» ii m'a donné raison.

C'est normal, non, que je fasse gagner de l'argent aux français?Les français me fascinent: ce sont peut-être les gens au monde les plus i sensibles aux influences.

Si la longueur j de la cravate raccourcit, ou la coupe du ] pantalon change de style, en quinze jours, tout le monde en france, jusqu'à l'ouvrier chez renault, porte la cravate et le panta- lon à la mode.

Si vous voulez réussir avec un produit: venez en france.

Ce pays est une plate-forme remarquable pour les lancements.

» ce désir de s'intégrer au pays dans lequel il vit, juan-carlos bernsau en a offert une preuve délicate et généreuse en fêtant, d'une façon tout à fait extraordinaire, le centenaire de la maison bulgari.

Fuyant la facilité d'une réception grandiose et tradi- tionnelle, il a choisi de célébrer l'occasion en versant 10 de la recette du jour anni- versaire à la croix-rouge française.

« le directeur m'a téléphoné pour me remer- cier: «et vous n'êtes même pas fran- çais?» a-t-il ajouté!C'était au moment de ce tragique tremblement de terre en algé- rie.

J'ai voulu, en faisant cela, faire un acte bulgari.

Vous savez, c'est ça le style bul- gari ; proche de la vie, proche de la réalité quotidienne.

» juan-carlos bernsau voit dans bulgari plus qu'un style, une véritable éthique.

Il en parle en passionné, car ce style sous- tend, pour lui, un choix de vie qu'il se plaît à placer à mi-chemin entre la génétique et l'environnement.

«il y a une unité pro- fonde entre le style bulgari et la façon dont je vois la vie.

Je ne ressens aucun divorce entre mon métier et ma vie.

Le raffinement bulgari comme bulgari, je suis tributaire de mon passé, je reconnais mon héritage, mais comme eux, je cherche à m'adapter aux nouvelles données de l'environnement actuel, plus pragmatique.

Vous savez, c'est la querelle entre les gens qui croient à la génétique et ceux qui croient à l'envi- ronnement.

Il y a incontestablement une génétique bulgari.

Par héritage, ils sont grands joailliers et grands antiquaires.

C'est le secret du célèbre raffinement bulgari, mais il aété confronté aux boule- versements de l'après-guerre.

Bulgari s'est lancé alors dans une recherche créa- tive en essayant d'adapter sa génétique à ce nouvel environnement et, à un moment donné, l'étincelle s'est produite.

Nous répondions à une attente, ce qui explique notre succès actuel.

Le monde a évolué considérablement, les richesses ont été redistribuées.

On ne peut plus juger une femme à sa façon de s'habiller.

J'ai vu des gens entrer dans la boutique en jean et en tee-shirt et signer un chèque de 100000 dollars.

On peut être très raffiné en jean et en tee-shirt.

Le raffinement relève de la génétique, c'est notre vraie image de marque.

Il y a main- tenant trois types de joailliers.

Ceux qui relèvent uniquement de la génétique et qui vivent encore de leur prestigieux héri- tage en ne cherchant qu'à préserver l'image.

C'est le cas, par exemple, de chaumet.

A l'opposé, il y a ceux qui ne se sont occupés que de l'environnement et ont choisi de faire de la grande diffusion pourtoucher le maximum de gens.

Puis il y a une troisième voie, plus étroite et plus intéressante, celle de bulgari et de cer- tains jeunes joailliers qui suivent nos tra- ces: le refus de la facilité et le désir de rester accessible à tous ceux que notre style intéresse.

Nous offrons les caracté- ristiques mêmes de la grande joaillerie: pièces uniques, métaux précieux, pierres précieuses, travail artisanal.

La diffé- rence?Le prix.

Nous cherchons à le ren- dre abordable à tous ceux qui, comme nous, aiment les choses raffinées, sim- ples et belles.

Nous avons choisi sciem- ment de miser sur les gens raffinés, culti- vés et non pas exclusivement sur ceux qui ont de l'argent.

Le raffinement est une question d'éducation, de référence.

On peut être ruiné et très raffiné.

L'argent change de mains, mais l'éducation, elle, reste.

C'est pour cela que je dis que bul- gari, c'est un art de vivre, un art d'être bien dans sa peau, à l'aise partout.

Le bijou n'est pas pour nous un signe extérieur de richesse, c'est avant tout un bel objet, in- time, qu'on aime porter.

C'est l'anti- « arbre de noël».

J'ai entendu des gens me dire «200000 dollars, ce collier?Mais où sont les 200000 dollars?» en revan- che, les gens qui nous intéressent sont ceux qui disent: «c'est merveilleux, on ne voit pas les 200000 dollars!» a nos yeux l'argent compte moins que le goût.

Nous nous en sommes faits non seulement un point d'honneur mais une profession de foi, sans, pour autant, abandonner l'exi- gence d'une qualité unique pour chacune de nos pièces, suivant les normes du raf- finement qui est le nôtre.

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